En Europe, l’adoption d’enfants par les homosexuels n’est autorisée qu’aux Pays-Bas, Grande-Bretagne et Suède. En France, on dénombrerait plusieurs dizaines de milliers de parents homosexuels éduquant des enfants. Quelles sont les réalités de l’homoparentalité ?
Etre parent
C’est un vrai parcours du combattant pour les couples autant hétérosexuels qu’homosexuels de bénéficier des mesures d’adoption.
En dehors d’un travail de deuil sur la filiation que nombre d’homosexuels se sont vus faire, compensé par une sublimation intellectuelle (à l’origine de vocations créatrices artistiques, intellectuelles), les homosexuels peuvent être parents en France selon 5 voies :
l’adoption : il s’agit de se déclarer célibataire.
l’insémination artificielle : elle est soumise à des règles, mais le plus souvent est dite " artisanale ", c’est-à-dire échappant à l’Aide Médicale à la Procréation (AMP) proposée aux couples hétérosexuels.
la coparentalité : un gay et une lesbienne s’entendent pour concevoir un enfant et l’éduquer ensemble, chez l’un, chez l’autre, ou chez les deux.
la famille recomposée, suite à un divorce.
les mères porteuses : situation marginale et illégale
Famille et amalgames
La notion de famille n’a cessé d’évoluer depuis des millénaires, ici et là dans le monde. La structure actuelle, très emprunte d’un esprit religieux est celle d’un père, une mère et donc d’enfants. Au début du siècle, un enfant naturel était stigmatisé et rejeté par la population car il n’appartenait pas à cette structure " classique ".
Depuis une vingtaine d’année (1980 mais 1994 dans le DSM-IV : manuel de diagnostic psychiatrique), l’homosexualité n’est plus reconnue comme une pathologie ni répréhensible par la loi (1982). Chez les homosexuels, la différence des sexes est mentalisée : il n’y pas chez eux de trouble d’identité sexuelle, sauf cas pathologiques (travestisme, transsexualisme). Pas d’amalgame : les homosexuels ne sont pas non plus des pédophiles qui vont abuser de leurs enfants.
Qu’en est-il de l’enfant ? En dehors de son observation attentionnée des autres garçons et filles, l’enfant de n’importe quelle structure familiale va piocher ici et là des éléments, des imagos qui vont construire sa personnalité. Aussi, la grand-mère, le grand-père, l’institutrice ou tout autre adulte a un rôle très structurant pour lui, car il va aller chercher de lui-même des " références " masculines et féminines à l’extérieur du couple. De plus aucune étude ne démontre que l’orientation sexuelle de l’enfant va être préférentiellement homosexuelle s’il est élevé dans une famille homoparentale. La question homosexuelle est très complexe.
Les enfants suivis ont d’ailleurs très précocement compris la nature du couple.
Il est intéressant de noter que les couples homosexuels qui ont fait l’objet d’études tiennent une grande importance à ces référents et instituent ainsi, dans la maison, des taches bien précises afin que l’enfant puisse trouver des repères. De même ces couples tiennent à ce que l’enfant s’épanouisse dans un environnement normal : l’enfant ne reste pas enfermé à la maison.
L’enfant a donc tout loisir d’observer, analyser, tirer profit de ces expériences et s’en enrichir psychiquement.
On peut même reprocher aux parents de faire trop attention à leur enfant, prêts à l’emmener immédiatement chez un spécialiste en cas de comportement qu’ils jugeraient " anormal ".
La 1ère étude française
Pour la première fois, un pédopsychiatre (le Dr Nadaud) a porté son étude sur l’observation de 58 enfants élevés par des parents homosexuels.
Cette enquête a rejoint les études anglo-saxonnes réalisées depuis une vingtaine d’années : il n’existe pas de différence significative entre les psychopathologies observées chez ces enfants et ceux de parents hétérosexuels.
Cela ne veut pas dire qu’ils vont bien (certains vont très mal, dans certaines structures), mais qu’ils n’ont pas tendance à développer davantage de troubles lié à cette particularité parentale.
Leurs comportements sont identiques à ceux d’autres enfants du même âge, leur développement intellectuel, psychomoteur également.
Il est très important de préciser que cela ne signifie pas que, parce qu’on observe pas plus de pathologies, le droit à l’adoption doit en découler. Ce serait un faux raccourci intellectuel !
On observe aussi une capacité d’adaptation plus développée chez ces enfants issus d’un milieu homosexuel, un peu à l’image des minorités américaines. A croire que subir ou sentir certaines critiques les amène à un comportement plus " sélectionné " que les autres.
D’autres études doivent encore être poursuivies, mais elles ne doivent en aucun cas servir de reprise partisane aux camps des pro et anti adoption.
Aujourd’hui nous le constatons : les homosexuels sont parents. La notion de famille en devient transformée et semble-t-il ouverte à de nouvelles perspectives. Loin des polémiques, peut-être nous faut-il " simplement " écarter tout jugement discriminateur qui ne ferait que stigmatiser des enfants qui n’ont rien demandé et pour lesquels des parents sont prêts à apporter tout leur amour. Car s’il est une des premières causes orientant l’enfant vers une psychopathologie, c’est bien le manque d’amour, et non l’orientation sexuelle que l’on n’a pas choisi, mais que la société fait subir !
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