Interdit, fortement culpabilisateur, le plaisir solitaire (la masturbation, également dénommée l’onanisme) est pourtant une activité érotique et sexuelle normale, premier moyen de découverte de son corps et du plaisir chez le nourrisson. La masturbation concerne pourtant la quasi-totalité des hommes et 85% des femmes.
Pour les psy, la masturbation chez l’adulte n’est pas une source de névrose comme le voudrait un préjugé encore répandu, mais par contre peut en être un symptôme lorsqu’elle est exclusive ou préférée aux relations sexuelles, ou seule possible, du fait d’inhibitions. Car tout commence très jeune...
Déjà chez l’enfant
Dès la première année, le bébé est en relation dite auto-érotique avec son corps : en plein stade oral (entre 0 et 6 mois), il a découvert le plaisir de la succion du sein maternel (on peut ainsi observer une activité masturbatoire du pouce, qui, entre autre, a une fonction rassurante quand il est angoissé), celui de l’alimentation... La zone érogène buccale est donc fortement développée.
Par la suite, les organes génitaux commencent à être explorés, notamment lors des soins apportés par la toilette, lors de la miction (passage aux toilettes). La masturbation dite primaire fait donc déjà parti des jeux naturels du nourrisson. En découlera une secondaire, par la reproduction ultérieure des plaisirs sphinctériens (urétraux mais aussi anaux).
Niée par les adultes (sans doute suite à la répression parentale), cette masturbation laisse des traces inconscientes très importantes, d’autant plus que lors du complexe d’œdipe (vers 3-5 ans l’enfant voue un amour très particulier au parent du sexe opposé), les fantasmes érotiques forts nombreux deviennent interdits et fortement culpabilisant.
Vers 5 ans, l’exploration du corps étant passée, l’enfant va rapidement comprendre et retenir la fonction de plaisir rattachée à ses organes génitaux.
C’est au moment de la puberté que l’adolescent(e) va surmonter les interdits de la masturbation, poussé par ses tendances génitales. Le garçon, plus facilement que la fille, s’adonnera à ces pratiques, facile et pratique moyen de satisfaction sexuelle. Ils devront dépasser les interdits et la culpabilisation extérieurs et intérieurs.
D’une part leur haute instance morale psychique (le Surmoi) réprouve la masturbation, d’autre part la société a très longtemps véhiculé des prétendues nocivités à cette pratique (folie, hystérie, perte des organes, surdité...).
Chez la fille, on trouve plus facilement un " déplacement " sur des substituts tels que la poitrine, la bouche, les cheveux, le nez...
Chez l’adulte
L’homme reconnaît parfaitement avoir recours à la masturbation durant les périodes où il n’a pas de partenaire, également lorsque la fréquence des rapports sexuels est différente dans le couple. Car la différence de libido, de demande d’un des partenaires peut fortement varier. La masturbation se révèle donc une pratique compensatrice, qui peut entre autre éviter " d’aller voir ailleurs ".
L’homme peut en avoir un accès direct, plus franc, afin de répondre à une pulsion soudaine et la calmer.
La femme, elle, ne peut admettre aussi aisément être " la proie " de pulsions aussi incontrôlées. Elle y préfère un partenaire, même si le dernier rapport Hite (sur les pratiques sexuelles) annonce la couleur : seules 35% des femmes prétendent atteindre l’orgasme lors d’un rapport sexuel contre un orgasme assuré lors de masturbation qui les concernerait à 85% !
La masturbation de la femme est avant tout clitoridienne : sa stimulation lui procure la jouissance désirée. Et pourtant ce frottement clitoridien, elles ont du mal à le vivre. Une forte culpabilisation les touche intimement, sans doute parce que pour elles la sexualité passe par la pénétration et parce que l’homme peut plus facilement s’y adonner qu’une femme (il a d’ailleurs pu s’amuser avec certains camarades lors de la confrontation de la taille du pénis...).
Pourtant, même à travers les films X, la masturbation y est montrée sans complexe, même si cependant le rapport à la réalité sexuelle y est très souvent lointainement exposé !
Combien d’hommes et de femmes, durant l’acte sexuel, et plus précisément la pénétration, ne songent pas en même temps à caresser la région clitoridienne, ce qui permettrait également d’accroître et favoriser l’orgasme.
L’entente sexuelle est très importante dans un couple ; il ne faut pas hésiter à en parler à son partenaire qui le souhaite peut-être également mais ne l’avoue pas par honte !
Aussi, la masturbation ne doit pas être considérée comme un interdit, une " sous-sexualité " réservée aux solitaires, aux veuves, aux timides... Les caresses intimes ne sont pas honteuses ; elles sont un bon moyen que d’approcher intimement son corps et d’obtenir du plaisir. D’ailleurs elle est entre autre conseillée en sexothérapie afin de retrouver la parfaite maîtrise de son orgasme, voire le découvrir !
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