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Les enfants surdoués

Les enfants intellectuellement précoces seraient environ 400000 en France. Pourtant plus d’1/3 sont en échec scolaire et 43% ne décrocheront pas leur bac.

Peu importe le milieu

Il ne faut pas confondre précocité avec vivacité ou forte capacité d’adaptation. La précocité intellectuelle, est définie par un quotient intellectuel (QI) supérieur à 125-130 (la majorité de la population se situe entre 85 et 115).
Ces enfants sont avant tout des passionnés (échecs, musique, dessin, sciences...) dont il faut comprendre et accepter les différences.
Pour Jean-Charles Terrassier, psychologue, " l’enfant doit se faire plaisir à tous les étages car il est sollicité par un environnement très riche ". Les précoces, comme par intuition, résolvent d’emblée un problème après en avoir compris le fonctionnement. Ils n’ont pas besoin de beaucoup d’efforts ni de méthodes de travail, ce qui peut les amener à l’échec scolaire s’ils ne sont pas soumis à un encadrement.
On observe un décalage entre le développement intellectuel de l’enfant, sa maturité affective (il a besoin de câlins) et sa maturité psychomotrice (il se cogne partout, il écrit mal...) : c’est la dyssynchronie interne.
Sa capacité de raisonnement, sa vivacité d’esprit, par " effet loupe ", peut amener à une certaine indigestion de l’information qui peut le rendre anxieux car il perçoit ce que l’autre n’a pas perçu !

Difficile de vivre son intelligence

Pour le spécialiste " l’intelligence, vécue comme une sorte de pulsion peut être culpabilisante lorsqu’un enseignant interdit à l’enfant de s’exprimer ou de répondre ". L’enfant en ressort frustré et devient anxieux. Il finit par s’inhiber intellectuellement.
C’est alors que la dyssynchronie sociale est observée : ne se concentrant que sur des problèmes complexes, il échoue sur des exercices très simples.
L’identification à sa famille peut être difficile à gérer, surtout si les parents ne peuvent suivre les raisonnements élevés de leur progéniture. S’il ne peut être reconnu chez lui, il peut tenter de l’être à l’école, mais cela s’avère difficile car les autres élèves accueillent assez mal " les intellos à lunettes "...
Jean-Charles Terrassier a ainsi décrit l’effet Pygmalion négatif : l’enfant peut se contraindre à l’image que son environnement (famille, enseignants, élèves...) lui renvoie, afin de se conformer à la norme et renoncer à ses aptitudes intellectuelles.
L’éducation nationale ne prépare pas à l’encadrement des enfants précoces. Les réticences à faire sauter les classes sont très nombreuses et les parents doivent se battre à l’aide de dossiers importants, en faisant appel à des psychologues ou pédopsychiatres travaillant au sein d’associations.
Pourtant, il ressort que le bon développement de l’enfant précoce est lié à l’identification de ses capacités le plus tôt possible, afin que son épanouissement intellectuel soit valorisé dans un environnement où il pourrait trouver sa place.

Qui contacter ?

- ANPEIP (Association Nationale Pour les Enfants Intellectuellement Précoces) : 26 avenue Germaine, 06000 Nice ; 04 93 26 33 20 ; www.anpeip.org

- AFEP (Association Française pour les Enfants Précoces) : 13 bis rue Albert Joly, 78110 LE VESINET ; 01 34 80 03 90 ; www.afep.asso.fr

A quoi reconnaît-on un enfant précoce ?

- il est " en avance " dans son évolution

- il parle très tôt (vers 8 mois au lieu de 12 mois) et tout de suite très bien (pas de langage bébé, vocabulaire riche et varié)

- il est curieux et pose beaucoup de questions. Il aborde très tôt des sujets existentiels, scientifiques

- il est hypersensible et a un sens aigu de l’injustice

- il a un raisonnement très supérieur à son âge mais un comportement parfois très bébé

- il est maladroit dans la vie de tous les jours ; il n’aime pas les taches répétitives, la routine

- il change souvent de centres d’intérêt, se passionne pour un sujet qu’il abandonne après en avoir fait le tour

- il a le sens de l’humour

- il a l’impression de perdre son temps à l’école

- il préfère la compagnie d’enfants plus âgés ou d’adultes ; cela peut aller jusqu’à l’isolement

- il désire apprendre à lire avant le CP ; certains apprennent seuls

- il aime les jeux aux règles compliquées, en invente de nouvelles