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Les états dépressifs

La dépression est un état pathologique de souffrance marqué par un abaissement du sentiment de valeur personnelle, par du pessimisme et par une inappétence face à la vie. Il en existe une variété, loin du sentiment de tristesse que nous connaissons suite à un échec, un deuil, une perte d’emploi...

Dépression saisonnière

Cette forme de dépression s’installe à l’automne ou au début de l’hiver et dure jusqu’au printemps. Elle touche 3 femmes pour 1 homme (la moitié des femmes vont moins bien à l’automne qu’au printemps), principalement vers la quarantaine ou cinquantaine.
C’est un état de tristesse permanente, de perte d’intérêt pour quoi que ce soit, un fort attrait pour le lit, une irritabilité, des troubles du sommeil, la perte ou le gain de poids, des pensées suicidaires. Au printemps, les patients se mettent à courir dans les boutiques, à faire la fête...
Attirés par les sucreries, ils ont tendance à prendre du poids au cours des mois d’hiver. Ils sont également plus tristes dans la soirée.
Contrairement au coup de blues, les sujets à la dépression saisonnière sont très handicapés dans leur vie courante, leur travail et leurs relations avec autrui.
La cause exacte n’est pas bien connue, mais la diminution de l’intensité et de la durée de la lumière solaire semble jouer un rôle important. En dehors de la psychothérapie, la photothérapie (séances quotidiennes d’exposition à la lumière de 30min à 2h selon l’équipement) est le seul traitement qui apporte des résultats prouvés, durables et efficaces.

Dépression du post-partum

Loin du fameux baby blues (vers la 3ème semaine après l’accouchement), elle touche entre 50 et 70% des femmes. Entre le 2ème et le 10ème jour après l’accouchement, on observe des troubles du sommeil, une perte d’appétit, et des changements brusques d’humeur suivis de crises de larmes.
Souvent méconnue et mal traitée, la mère la dissimule, pensant être une mauvaise mère, incapable d’éprouver le moindre plaisir à s’occuper de son enfant. On a observé quelques cas de dépression profonde et des idées suicidaires. L’enfant peut être mis en danger.
L’état transitoire normal dans les quelques jours consécutifs à l’accouchement (le baby blues) est souvent lié au bouleversement hormonal (baisse de dopamine qui permet d’augmenter le taux de prolactine, hormone impliquée dans la sécrétion de lait).
Une psychothérapie permet de dégager l’implication de l’enfance de la patiente sur son comportement et ses angoisses actuelles.

Mélancolie

C’est la pire forme des maladies dépressives, car la souffrance des patients les amène à mettre fin à leur jour.
En dehors d’un aspect pâle et frileux, les mélancoliques sont identifiables par 3 grands symptômes :

 une grande souffrance interne les amène à porter un regard tragique (visage figé), une négligence physique (cheveux gras...).

 ils sont pourvus d’une forte culpabilité, se sentent responsables de tous leurs maux (un patient de 25 ans se croyait responsable de l’holocauste et restait des heures entières prostré sur le rebord de son lit). Ne méritant pas d’être soignés, ils souhaitent la mort et sont prêts à utiliser les moyens les plus efficaces (corde, fusil, train...).

 une inhibition psychomotrice les empêche en partie de se supprimer, car leur manque de volonté les paralyse : ils ne bougent pas, sans parler.
Certains se laissent dépérir, refusant de s’alimenter, de boire... jusqu’à mourir.
S’ils sont pris en charge efficacement (parfois par un placement contre leur gré) cette maladie reste assez facile à soigner par les psychiatres.

Maniaco-dépression

La psychose maniaco-dépressive est un trouble de l’humeur caractérisé par des épisodes alternant manie et dépression. Le maniaque n’est pas un obsédé de l’ordre mais au contraire présente une humeur anormalement euphorique. Une personne maniaco-dépressive va donc présenter des épisodes de dépression alternant avec des épisodes de grande festivité.
Les épisodes dépressifs sont : tristesse profonde, perte d’intérêt pour toute chose, agressivité, troubles du sommeil, baisse d’énergie, troubles de mémoire et de concentration, augmentation de la libido, troubles de l’appétit, pensées suicidaires...
Les épisodes maniaques sont : humeur euphorique, énergie démesurée avec agitation, surestimation de ses capacités, d’où une diminution du nombre d’heures de sommeil sans entraîner de fatigue, mais surtout négation de la réalité et de ses problèmes. Ainsi, ils peuvent s’endetter, pensant gagner prochainement de fortes sommes d’argent. Ils possèdent une forte force de persuasion.
L’intensité de la dépression est telle que le risque de suicide est réel. Il ne faut pas rentrer dans leur jeu car ils vont jusqu’au bout de leurs idées et se discréditent ou se ruinent.
Les sautes d’humeur sont repérables grâce à un symptôme signal, toujours le même : un patient téléphonait à son voisin à 2 heures du matin après s’être vêtu d’un peignoir rouge ; un autre s’achetait des dizaines de paires de chaussettes la semaine précédant sa rechute !
Les causes sont inconnues. Pathologie à tendance familiale, la piste génétique n’a pas abouti. Elle touche environ 1% de la population, soit 600 000 français.
Il existe des traitements efficaces (lithium), mais en général le malade ne comprend pas qu’on veuille le soigner !