Qu’est-ce que le fantasme ? Est-ce normal ? Comment évoquer avec son/sa partenaire ceux que nous voulons réaliser sans être immédiatement relégué au banc des pervers...
Le fantasme est naturel !
Contrairement au jeu sexuel qui est davantage de l’ordre de la spontanéité érotique consciente, le fantasme tire sa source d’un scénario plus compliqué avec des origines inconscientes. C’est donc l’accomplissement d’un désir conscient ou inconscient. Il permet de faire varier les plaisirs, de les alimenter de par leur richesse. Certaines personnes n’en ont pas sur le plan sexuel mais les utilisent dans d’autres domaines (art, travail...). Ne pas les partager pour les vivre amène une frustration. Certains fantasmes sont sans doute plus difficiles à mettre en application, d’autres seront irréalisables, qu’importe, nous avons le droit de partager nos plaisirs avec notre partenaire dans le respect de la dignité, c’est-à-dire sans tomber dans des composantes perverses (sado-masochisme, échangisme...) qui tirent leur source loin dans l’inconscient. Tout est donc ressenti des partenaires. Faire l’amour sur une plage, le corps caressé par les vagues peut être un fantasme pour certains, pour d’autres un moment romantique ! Un " fantasmeur " trouvera du plaisir à faire l’amour avec une partenaire ayant les yeux bandés, rejouant à ce moment des relations exhibitionnistes et voyeuristes primitives. Le jeu sera peut-être de mêler nourriture avant l’acte sexuel... ou pendant...
Les fantasmes les plus courants
L’amour à trois
Ce vieux fantasme est souvent relié à la composante triangulaire du fameux complexe d’œdipe (père, mère, bébé). Les psys y voient 3 origines : tout d’abord l’élaboration inconsciente de ce fantasme peut être le voyeurisme ou l’exhibitionnisme. D’autre part, ce peut-être inconsciemment un moyen de vivre un rapport quelque peu homosexuel inavoué. Ce peut enfin être un moyen de savoir si l’un des partenaires autorise l’autre à le tromper. Le plus important est de ressentir au fond de nous si nous voulons le vivre avec notre partenaire, et surtout comment nous le vivrons par la suite, à deux, dans notre couple.
Le sado-masochisme
Pour certain(e)s les injures, la domination, le fait d’être humilié permettent d’accroître la jouissance sexuelle. Si c’est le seul moyen de parvenir à une forme de jouissance, nous rentrons dans le cadre de la perversion. Un traumatisme est à l’origine de cette perversion : il s’agit de rejouer inconsciemment les scènes subites (humiliations, dégradation physique, souffrance). La chose certaine est qu’on ne peut forcer un(e) partenaire à entrer dans n’importe quel jeu pervers. A nous de nous respecter en respectant notre partenaire.
La fellation
Certaines femmes n’acceptent pas ce qu’elles considèrent comme une forme de " viol ", dans une position qu’elles peuvent juger humiliante, face à un organe qui leur est étranger. Il est souhaitable de discuter avec sa partenaire de ce qu’elle ressent, afin de savoir ce qui éventuellement la bloque. Peut-être a-t-elle été forcée plus jeune ? Quel discours a-t-elle entendu sur le sujet ? Peut-être ne connaît-elle pas de manière suffisamment intime le pénis (par exemple en se servant de caresses). Il ne s’agit pas de convaincre ni encore plus d’imposer, ce qui pourrait induire des traumatismes profonds. Tout est histoire d’envies, de désirs et de craintes dépassées.
La sodomie
Nombre de films X montrent la sodomie comme une pratique courante et banalisée, voire un parcours obligatoire. Même si 24% des femmes et 30% des hommes disent l’avoir pratiquée, elle n’est courante que chez 5% des hétéros et 30% des homosexuels. Il est primordial, au delà du simple essai, de connaître le ressenti de sa partenaire : il ne s’agit donc pas de convaincre ! Un essai n’implique pas de reproduire systématiquement. Accepterions-nous d’être sodomisé si nous n’éprouvons pas de plaisir ?
Filmer/ photographier ses ébats
Quelle serait l’utilité, l’usage de ces photos et films ? Quelqu’un filmerait-il les ébats ? Nous sommes là dans l’introduction d’un tiers (caméra ou cameraman) dans la relation intime sexuelle. Voyeurisme, exhibitionnisme peuvent trouver leur origine d’angoisses profondes (castration par exemple). L’érotisme peut naître en se regardant pendant l’acte sexuel, ou en regardant l’autre nous faire l’amour. La réalisation d’un tel fantasme n’est pas forcément signe de perversion mais le devient si l’usage devient fréquent ou systématique, et non dangereux s’il n’y a pas diffusion à l’extérieur du couple.
Le club échangiste
Le libéralisme sexuel, la médiatisation de pratiques telles que l’échangisme amène les couples à tout tester pour rester " in " ! Est-ce une histoire d’acceptation ou de désir ? Faut-il davantage se faire plaisir en donnant du plaisir qu’en faisant plaisir ? Entre un moyen détourné de tromper sa partenaire en l’amenant à la faire participer à ses jeux sexuels et la perversion, quelle est la frontière ? Mieux vaut connaître ses réelles motivations et décider en conséquence.
La chose principale est de pouvoir parler de ses désirs avec son/sa partenaire. D’ailleurs, peut-être a-t-il/elle les mêmes désirs ? Il ne faut donc pas hésiter à en parler, au moment le plus complice... pour essayer, ou abandonner par la suite. Le plus important reste d’en discuter librement, sans tabou, en respectant sa décision. On peut accepter au bout d’1 an ce qu’on refusait auparavant. Un couple n’est pas uniquement lié sur la composante sexuelle, même si l’harmonie est source d’épanouissement dans l’union.
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