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Les relations parents-fille

Filles et garçons deviennent femmes et hommes en fonction des rapports tissés avec leurs géniteurs. Femme/mère-homme/père, autant de perceptions importantes à comprendre pour nos enfants.

Dès sa naissance, l’enfant a besoin de sa mère pour vivre et survivre. Pour satisfaire ses besoins, il va séduire sa mère puis son père et passer par tout ce que ses parents désirent pour lui. Ensuite il s’identifie aux deux (et d’autres adultes), prend des éléments chez l’un et l’autre pour construire sa propre personnalité. Le devenir de la fille est donc condition de son histoire avec ses parents. Françoise Dolto ne disait-elle pas que tout est joué à 3 ans ?

Telle mère telle fille ?

 
   

On regarde souvent la mère pour imaginer le devenir de sa fille, mais même si mères et filles se ressemblent, elles sont tout de même différentes ! Et quand elles nient être identiques, voulant se démarquer, c’est l’inconscient qui les dirige vers la même voie.
Il est intéressant de savoir si la mère se comporte plus comme mère que femme (ou l’inverse), les deux à la fois, ou ni l’une ni l’autre. L’image qu’en aura la fille de son devenir féminin, son rapport aux hommes, sa réalisation de future mère, en sera fortement infléchie.
Une " plus femme que mère " l’est dans une première période avec son enfant, car le post-partum le demande. Mais elle ne doit pas oublier de rééquilibrer le pôle sans toutefois l’inverser : être mère pour sa fille, rester femme pour son amant !
Lorsqu’elle est " plus mère que femme ", elle peut empêcher sa fille d’accéder à sa propre féminité, mais aussi l’amener à lui être redevable voire coupable d’avoir été aimée et choyée.
La " plus femme que mère " a, elle, tendance à exclure sa fille, au profit de son mari, de son travail, de sa vie sociale... pouvant la rejeter violemment.
En voyant ces mères faisant de l’ombre à leur fille, celles jalouses... on peut comprendre l’importance de se dégager de ce poids trop lourd et invalidant.

La fille de son père

Le lien avec le père est aussi important et peut se décliner en fonction des stades évolutifs (oedipe, puberté...), car en fonction de sa maturation psychique, des désirs conscients ou inconscients, la perception et le rapport de la fille envers son père vont varier.
Un homme ayant bien traversé son oedipe, ayant renoncé consciemment à sa mère, peut aimer une femme, mère de sa fille, et ne pas trahir sa fille en lui interdisant une dimension. La fille peut alors se détacher, comme le fruit d’un arbre.
Si le père n’assume pas sa position, est absent et n’existe pas, la fille se questionne et peut soit rester du côté de la mère, soit être en recherche permanente d’un modèle masculin qu’elle n’a pas connu.
Si le père est macho, générateur d’une violence physique, mais aussi verbale, la fille banalisera la violence et deviendra violente envers sa mère dévalorisée. Intégrer qu’être une femme n’est rien car pas un homme, peut déboucher sur une rivalité avec le père (revendication phallique), en mimant son père (études...).
Aujourd’hui, on observe des familles monoparentales sans présence d’un père, réduit à un statut de simple géniteur, la procréation assistée déplaçant la notion de père au donneur de sperme...

Quand il y a inceste

Il faut distinguer le père incestueux de l’incestuel, un climat familial pouvant suffire. Très souvent la mère est complice consciemment ou non. Même si les passages à l’acte mère-fille sont très rares, c’est en tout cas l’absence de la mère qui empêche la séparation normale par le tiers qu’elle représente.
Les études montrent que les incestueux ont eux-même été victimes d’inceste ou de viol. Le dérapage commence lorsqu’il y a rapport de séduction, attouchements lors de la toilette d’un corps qui est la chaire de la mère et en quelque sorte lui appartient.
Les dégâts sont alors très importants pour la fille (jusqu’à la psychose) qui restera enfermée dans ce nid familial, la sexualité n’ayant pour elle pas de sens avec un homme à l’extérieur. Certaines vivront des rapports incestueux avec des hommes qu’elles feront souffrir, en étant persécutrices ou en se persécutant elles-même, parfois en devenant prostituées. D’une manière plus " soft ", s’installera un climat père-fille fait de passions et d’activités communes, de reconnaissance...

La mère doit donc accorder au père/mari sa vraie place, afin d’éviter tout problème identitaire de la fille (orientation du pôle femme et du pôle mère). Cela peut paraître insurmontable, mais il est certain que pour être une bonne mère et une femme épanouie, il faut que les filles règlent leurs conflits avec les parents !