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Se retrouver après un accouchement

Bébé vient de naître... mais après 9 mois de conception, le couple a changé ses habitudes, et c’est maintenant une famille. Comment les couples peuvent-ils se retrouver ? Comment passer facilement du statut mari/femme à celui de père/mère ?

La vie à trois

La venue au monde d’un enfant est déstructurant car elle va désunir la symbiose que vivaient le couple, qui doit apprendre à vivre différemment, de manière plus autonome.
Inconsciemment, la mère fait face à une déception par rapport à son désir ancien d’enfanter, devenu réel et parfois insoutenable : elle doit réaliser que " c’est pour toujours ", qu’on ne peut pas " le jeter à la poubelle ", comme disent les enfants ! ce qui est assez déstabilisant.
Parfois, comblée par cette union à deux, la mère ne veut pas du père.
Elle trouve une satisfaction certaine avec l’enfant (il la connaît intimement par le rythme du cœur, l’odeur), mais pas avec le père, ne lui laissant pas de place.
Le père prend alors une place secondaire en tant qu’objet, pourtant très importante car il est le premier élément de relation (hors mère) avec le bébé. Père et mère forment donc un duo structurant pour le bébé.

Des adultes parents

Devenir parent c’est également la résurgence d’anciens conflits inconscients par des mouvements psychiques nombreux.
Très souvent la mère va attribuer, va projeter au bébé des pensées qu’elle a ressenties lorsque elle-même était bébé, dans sa relation avec sa propre mère. C’est le cas de mères mal aimées qui parfois attribuent à leur égard un geste d’agression de l’enfant alors qu’il n’en est rien.
L’ambivalence de la fille vis-à-vis de sa mère existe bien : elle paye une dette en devenant mère et en même temps, elle la repousse d’une génération, du côté des vieilles et de la mort. Pour devenir une mère, il faut pouvoir s’identifier en elle. Il est donc essentiel que leurs relations soient bonnes, de confiance mais sans dépendance.
Quoiqu’il en soit, le bébé va se servir de ces étapes pour se structurer et aider la femme à devenir mère, à se faire aimer, souvent à l’aide de comportements appropriés, car le nourrisson capte tout et adapte son attitude en fonction.
La nouvelle mère a également des besoins, subit des bouleversements dont elle doit parler à un tiers (le mari ou une bonne copine).

Accepter la position du père/nounou

Le père structure la famille mais aussi l’union de son couple : le mari et la femme doivent se retrouver, accepter la position de parents mais aussi se découvrir de nouveaux liens.
Le père doit donc faire preuve d’attente et de compréhension, ne pas culpabiliser sa femme sur ses doutes, ses incapacités momentanées, et ne pas trop lui en demander, car elle est fatiguée physiquement et psychologiquement. Il doit assurer une sécurité suffisante à sa femme pour qu’elle soit rassurée, pour qu’elle se sente accompagnée dans son devenir mère.
Certains ne supportent pas de voir en leur femme une mère, en relation à leur mère. Corrects avant ou pendant la grossesse, certains deviennent violents (5-10%).
Le père accepté par la mère forme la triade, symbole important pour l’enfant amené à devenir futur parent.

Renouer avec la sexualité

Durant la grossesse et après l’accouchement, la sexualité prend moins de place (1 couple sur 2 voit sa sexualité contrariée), le temps que la femme revienne vers son mari.
Certains hommes fuient la grossesse, veulent vérifier à l’extérieur qu’ils sont toujours capables de séduire. D’autres se sentent coupables et voient dans l’acte sexuel une relation incestueuse avec leur propre mère (inconsciemment le corps de leur femme rappelle celui de leur mère).
Il n’y a pas forcément de relation sexuelle, et ceux qui trompent leur femme n’avaient pas d’autres aventures auparavant. Certains quittent leur femme et ne reviennent pas.
Les femmes, enceintes, vivent une transformation de leur corps, n’osant plus se montrer nue devant leur mari. Il leur faut un temps pour reprendre psychiquement possession d’un corps dévoué à leur bébé pour accepter les désirs de son amant.
Le toucher avec l’enfant peut suffire à la mère qui ne voit en l’acte sexuel qu’un acte bestial sans intérêt. Il faut donc concilier les nouvelles formes de plaisir de mère avec ceux de l’amante, pour ne pas repousser les avances du mari (ce qui la culpabilise).
La mère doit donc réussir à se détacher de l’enfant, pour se retrouver en tête à tête avec son mari. Vive les nounous ou mieux, les grands-parents !