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L'isolement de l'enfant
Il ne faut pas confondre l'isolement avec la solitude. Le premier est une mise
en retrait, le second touche un acte moins délibéré. Car
l'isolement est nécessaire et utile à la fabrication de la personnalité.
Tout se joue même très précocement...
Chez Bébé
Jusqu'à l'âge de 3 mois environ, le bébé est très
souvent excité, agité, risquant de ne pas pouvoir trouver de repos,
car tout l'intéresse et le fascine (il veut tout comprendre, intégrer).
Il a donc besoin de calme, de moments où " il se met en retrait " d'activité ambiante pour pouvoir récupérer et trouver le repos.
Et c'est sur ce mode là que tous ses futurs comportements vont se calquer. Ce schéma se reproduira toute la vie, avec bien évidemment des aménagements en fonction des âges.
Un enfant plus grand a besoin d'être en contact avec l'adulte tout comme le bébé (bras, câlins). Il a besoin de paroles, de tendresse, d'affection, d'échanges... et puis par moment il a besoin qu'on lui fiche la paix, pour qu'il puisse jouer tout seul.
Il se sert de tout ce qu'il a appris et assimilé : il utilise tout ce qu'il a retenu pour faire des jeux. " Il se récupère " en organisant et reproduisant tout ce qu'il a pu puiser dans l'expérience quotidienne (crèche, école...), soit avec un jeu, soit avec rien, simplement en suçant sa tétine ou son pouce.
Ce moment est finalement très actif sur le plan de l'imaginaire : ce n'est pas un moment pour rien !
Contrairement à ce qu'on pense, même si un enfant a une attitude en retrait, a les yeux dans le vague, et bien dans sa tête il se passe plein de choses !
Chez l'Enfant
Selon le même modèle, l'enfant a des moments de partage : socialisation,
échanges, acceptation des règles de la vie.
Mais toutes ces consignes sont assez contraignantes. Il a donc besoin de retrouver une certaine liberté, à terme, où il se ressource, s'apaise et se calme.
Cela permet d'éviter une dépendance constante à l'adulte ou à d'autres enfants.
Le fait qu'il se mette en retrait est donc une manière de s'autonomiser et de se suffire à lui-même.
C'est la période qui induit les premières sources d'enrichissements intérieurs : l'introspection va lui permettre de pouvoir se sentir vivre, s'observer et repérer ses émotions, afin de construire sa personnalité.
Les enfants uniques comme les jumeaux supportent mieux la solitude, mais pas l'isolement. Tout dépend des contacts dans la famille : s'il y a une barrière étanche entre l'extérieur et l'intérieur certains ne pourront supporter l'intrusion d'un autre.
Il faut donc favoriser une communication entre l'extérieur et l'intérieur de la famille.
Les signes de " fragilité "
2-3 ans puis 13-14 ans, symbolisent des coupures avec l'environnement. Mais il ne faut pas oublier que l'adolescent s'isole beaucoup, ne veut plus parler à l'adulte pour s'en détacher.
Un bébé qui n'est pas exigeant, qui a une vie très pauvre sur le pan social doit attirer notre attention. Ceci est perceptible très précocement : s'ils ont des jeux répétitifs, font les mêmes gestes, n'ont besoin de personne... on peut craindre une pathologie car il existe alors une barrière infranchissable entre l'intérieur et l'extérieur.
Parfois ça ne se passe pas toujours pareil à l'école et à la maison ! Des conflits à la maison, une rivalité avec un frère... et l'enfant éprouve plus de liberté à l'extérieur... D'autres coconnés à l'intérieur de la famille trouvent le monde dangereux.
Par contre si un enfant ne peut pas se mêler aux autres, s'il ne peut pas s'observer, s'il est toujours assis sur un banc, sans s'impliquer, c'est un signe de grande inhibition, de difficulté à rentrer en contact avec l'autre.
Il faut alors s'interroger : pourquoi a-t-il peur ? pourquoi est-il angoissé ?
Cela peut être dû à une trop forte connexion à l'adulte (parents, adulte de référence), à une hyper protection (enfant malade dans l'enfance). Il peut croire qu'il n'est pas capable de trouver en lui des solutions.
Certains enfants restent bloqués à la maîtresse, vivant dans l'angoisse, sans rapport avec l'œdipe !
Suite à une éducation trop intrusive, l'enfant n'a pas non plus de territoire à lui. Tout cela peut être mal vécu très tôt chez le bébé et aura des répercutions sur son évolution.
Pour le psychanalyste Winnicott l'isolement " c'est être seul en présence de quelqu'un ". L'autre est là mais je n'ai pas besoin d'être dépendant à lui !
Il s'avère donc nécessaire de créer progressivement une distance avec l'autre.
À lire
Etty Buzyn :
- Me débrouiller, oui, mais pas tout seul ! ; éd Albin Michel
- Papa, maman, laissez-moi le temps de rêver ! ; éd Albin Michel
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