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Arrêter de culpabiliser
Notre société, fortement imprégnée par un esprit judéo-chrétien ayant développé la notion de pêché, est la première à développer un sentiment de culpabilité. Il existe une bonne et une mauvaise culpabilité. La bonne amène à une remise en cause nous permettant d'évoluer, la mauvaise nous contraint à une inhibition de nos potentiels.
Quand culpabilise-ton ?
Nous culpabilisons quand, ayant fait une erreur, en n'ayant pas agi ou réagi
comme nous l'aurions souhaité ou comme les autres l'auraient souhaité,
nous nous donnons l'impression d'être coupable, d'avoir commis une faute
pour laquelle les autres vont nous juger et probablement nous sanctionner.
Nous culpabilisons toujours après avoir essuyé une remontrance (il m'a dit que j'étais nul...), en croyant faire du mal à l'autre (je dois aller à ce dîner, sinon il va m'en vouloir...), en ne s'imaginant pas celle ou celui de la situation (ce poste demande trop de responsabilités...), suite à un échec (j'ai raté mon examen ; je n'ai pas assez travaillé...), ou en pensant ne pas avoir le droit (mes parents m'ont interdit de recevoir des amis, pourtant j'ai organisé une soirée...)...
Pourquoi culpabilise-t-on ?
Il semblerait que les premières trames de la culpabilisation se fondent très tôt, dans la prime enfance. L'agent culpabilisateur, c'est l'environnement familial, mais aussi professionnel, la répétition des échecs...
Vers 3-5 ans, la période oedipienne développe déjà chez le jeune enfant une première culpabilité : l'interdit d'avoir des rapport sexuels avec le parent du sexe opposé le rend coupable de ses pensées. Au même moment, s'ajoute, dans le psychisme, la formation des valeurs morales.
Des parents trop rigides, exigeant une obligation de réussite, refusant la satisfaction de désirs, construisent chez l'enfant une notion de devoir qu'il devra d'accomplir sans faille. Devenu adulte, il s'interdira de faire des choses, d'être lui-même (il s'empêchera de devenir musicien car les parents rêvent d'un fils ingénieur). C'est alors le conflit intervient, l'amenant à une inhibition totale de ses capacités.
Cependant, on connaît des pros de la culpabilisation, possédant une soif du pouvoir. Ce sont des dominateurs ayant besoin de diriger un employé, un enfant ou un ami. Trop ancrés dans leur propre culpabilité qui les étouffe, ils tentent ainsi d'oublier et d'éliminer leur souffrance en déplaçant leurs difficultés sur une victime : il s'agira de manipuler l'autre et de le culpabiliser.
De manière récurrente, le danger de la culpabilité reste de ne plus être respecté, ne plus être reconnu en tant que personne. Une dépression profonde peut alors survenir, pouvant aller jusqu'à des actes de suicide.
Il existe néanmoins des cas où l'autre est un culpabilisateur non intentionnel : il y a ce que l'un dit et ce que l'autre perçoit ! Dans ce cas, un travail de remise en cause est nécessaire afin d'en dégager la raison, car l'autre est toujours le reflet de ses propres difficultés.
Comment arrêter de culpabiliser ?
Dans un premier temps il faut accepter ne pas être parfait. Positiver reste la meilleure des solutions ; une situation n'est jamais figée et il est toujours possible d'en sortir en acceptant d'y réfléchir, voire d'en parler avec un tiers.
Ensuite, il faut déterminer comment nous en sommes venus à culpabiliser : la culpabilité a une histoire et, pour s'en détacher, il faut la retracer en revisitant son vécu. Une raison de culpabiliser en cache très souvent une ou plusieurs autres. Parfois, l'objet de culpabilisation est même inconscient, l'enfant ayant fantasmé sa propre part de responsabilité.
Nous ne devons donc pas tout nous reprocher !...
Séparer les pôles positifs de ceux négatifs, ses défauts de ses qualités, son incompétence de ses capacités, peut permettre de connaître ses valeurs, ses limites face à une situation. Car être plus sûr de soi, c'est s'affirmer pour reprendre le pouvoir sur soi et les autres. Cela développe la confiance en ses propres potentiels afin de réaliser ses projets et envies.
La culpabilité est partout et peut nous empêcher de vivre normalement. L'évolution des mentalités et des normes, le désir de liberté, l'essor des thérapies comportementalistes et corporelles amènent à se repositionner, à s'accepter en se détachant du pouvoir culpabilisateur. Il faut accepter de nous remettre en question pour nous affirmer dans notre vie, pour réaliser nos envies. Peut-être aurons-nous progressé quand nous culpabiliserons de ne plus culpabiliser !...
À lire
Sarah Famery : Arrêtez de culpabiliser ; éd d'Organisation
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